Life on Mars ?*
La librairie du Bon Marché se trouve au sous-sol du magasin, au 24 rue Sèvres dans le 7ème arrondissement parisien.
Elle se situe dans un quartier aisé et fait partie du magasin Bon Marché, qui fut entre autre la source d’inspiration d’Emile Zola pour son roman « Au bonheur des Dames » du fait de son statut de premier grand magasin. Son rayonnement est donc très important depuis sa création au XIXème siècle. Le genre de clients de cette librairie est de ce fait facile à déterminer : appartenant à la classe aisée de la population, intellectuel, cultivé, instruit.
La librairie du Bon Marché doit probablement coller à la demande de ses clients, c’est-à-dire un espace bien aménagé et riche, une littérature élitiste, un service qui répond à toutes les volontés.
La vitrine de la librairie est éclairée et les livres se déclinent sur deux étagères à trois niveaux. Un seul ouvrage est exposé par niveau, ce qui le met d’autant plus en valeur.
En tant que librairie généraliste, le choix a été fait d’exposer non seulement les Beaux Livres, mais également les ouvrages pratiques, la littérature, tout les sujets qu’abordent les ouvrages de cette librairie afin de montrer aux clients un échantillon de ce qu’ils peuvent y trouver.
Le thème principal est la mer, et autrefois, la librairie communiquait et s’entendait avec une galerie d’art en vis-à-vis sur les thèmes abordés. Cela créait une certaine unité qui permettait au client intéressé d’approfondir ses recherches.
Le projet futur serai de supprimer la vitrine, jugée trop encombrante et gênante pour la visibilité de la librairie à proprement parlé.
L’accueil est directement accessible, étant situé dans l’alignement de la vitrine, pour mieux satisfaire les clients qui désirent un renseignement.
Devant chaque étagère, on peut s’informer du choix du libraire concernant tel ou tel ouvrage qu’il aura commenté.
Le rangement des ouvrages est fait par thèmes, selon la nature de l’ouvrage, ou encore par ordre alphabétique par rapport à l’auteur.
Le rayon histoire est organisé différemment : ils sont rangés chronologiquement selon les périodes abordées, puis par ordre alphabétique. Cela facilite la recherche du client, qui recherche en général plus une période qu’un auteur pour ce thème précis qu’est l’histoire.
A l’entrée de la librairie se trouve le présentoir des meilleures ventes afin de guider le lecteur dans ses choix. Un rayon mode et luxe est situé derrière ce présentoir, en référence au magasin du Bon Marché, vers lequel les habitués du magasin se retrouvent.
Les rayons contenant les livres pratiques, c’est-à-dire les ouvrages de bien-être, de jardinage et autres se situent sur la droite ; quant aux encyclopédies, aux dictionnaires, etc., ceux-ci sont situés dans la continuité de ces rayons. L’affichage est clairement indiqué et signalé.
Sur la droite sont situés les rayons histoire, biographies et littérature française.
Enfin, la littérature étrangère est rangée selon la zone géographique que l’ouvrage traite et est située sur la gauche du magasin.
Le centre de la librairie est séparé en trois parties qui rappellent les rayons : la partie « Pléiades et textes lus », « sciences humaines », et « religion et essais » se trouve en vis-à-vis du rayon histoire et littérature.
Les rayons beaux livres, jeunesse, BD, humour, DVD et la cafétéria sont situés à la sortie de la librairie. L’organisation est telle qu’elle oblige les clients à parcourir, ne serait-ce que distraitement toutes les parties de la librairie.
Enfin, pour parfaire l’ambiance imposée par cette implantation géographique, le mobilier est en bois de qualité qui rend l’endroit élégant, propre, lumineux, et accueillant.
Cette minutieuse organisation est mise en valeur par un mobilier raffiné tout en bois. Cette ambiance est appuyer par le fond sonore qui apaise le lecteur, autrement dit de la musique classique à un volume tout à fait raisonnable.
La librairie du Bon Marché dispose d’une équipe de libraires qui sont chacun spécialisé dans un domaine précis de spécialité, afin de mieux satisfaire la demande du lecteur qui souhaiterait être conseillé dans tel ou tel domaine. Cela ajoute au prestige de cette entreprise.
Ils sont tous vêtus d’un uniforme noir et sobre afin de ne pas dénoter avec l’ambiance de la librairie.
La concurrence est moindre. En effet, le seul organe capable de la concurrencer directement est la Fnac, puisque le quartier latin compte uniquement des librairies spécialisées. Ce sont les deux seuls à proposer un service généraliste.
Ce qui fait la force de la librairie du Bon Marché par opposition à la Fnac est leur service au client qu’ils développent et entretiennent avec soin, leur fonds, et leur bonne image de marque qualitative. La Fnac n’a pas de visage, contrairement au Bon Marché.
Les manifestations étaient plus développées lorsque la galerie d’art avec laquelle ils collaboraient était encore présente. Cependant, la librairie organise tout de même des rendez vous avec les auteurs et des signatures à hauteur d’une vingtaine par an vers la fin de l’année pour faire augmenter les ventes.
Thème imposé : Histoire
La librairie La Hune est spécialisée dans les créations littéraires et artistiques. Les thèmes forts sont les sciences humaines et l’art en général.
Située à Saint Germain des Prés, La Hune a su s’intégrer parfaitement dans ce quartier. L’histoire de ce quartier est empreinte de culture, de littérature, d’art… La librairie La Hune, créée en 1949, appartient à ce patrimoine et reste encore aujourd’hui le lieu d’accueil de toute création artistique et littéraire. De ce fait, La Hune fait partie intégrante du quartier, sa présence est communément légitimée.
En raison de sa parfaite implantation dans le quartier, La Hune ne connaît pas de réels soucis de concurrence, bien qu’il y ai une autre librairie un peu plus haut dans le boulevard Saint Germain qui propose un fonds quelque peu similaire au sien, mais les rayons proposés ne traite pas des mêmes sujets dans un thème commun.
La Hune bénéficie d’une image de marque de qualité et est un organe vital du quartier, ce qui assure son succès et sa pérennité.
La vitrine dispose de plusieurs étagères à trois niveaux, dans lesquelles le thème de l’histoire est le plus représenté actuellement. Ce ne sont pas uniquement des Beaux Livres, mais la vitrine se veux plutôt représentative de ce que la librairie propose à ses lecteurs en matière de choix.
La libraire est sur deux niveaux. Le rez-de-chaussée est réservé aux sciences humaines et à la littérature. A ce niveau, il y a, derrière la vitrine, une étagère à mi-hauteur où sont posés, et non rangés comme l’on peut s’y attendre, des ouvrages concernant un peu tout les domaines de la sciences humaines, de la littérature, etc.
Ensuite, sur le mur de droite quand on est dos à la porte d’entrée, il y a le rayon littérature étrangère, où les ouvrages sont rangés selon la zone géographique dont ils traitent.
Sur la gauche de cette étagère qui s’étend tout le long du mur, on trouve cinq grandes étagères dans lesquelles sont rangés dans l’ordre la littérature classique, la philosophie, la psychanalyse, la psychologie, les sciences religieuses, la sociologie, l’actualité, l’histoire, les romans policiers et les fictions et enfin encore un rayon d’histoire. Chaque étagère accueille deux thèmes suivant le côté d’où on se place.
Au centre de l’espace sont placés différents présentoirs où sont placés les livres plus susceptibles d’attirer le lecteur. Par exemple, un présentoir était réservé à mai 1968, en l’honneur des quarante ans de cet événement. C’est le plus gros investissement de cette année et c’est pour cela qu’il est mis en valeur dans les librairies. De plus, ce présentoir est situé avant la caisse et la sortie, de sorte que le lecteur ne puisse pas le louper.
Enfin, sur le mur de gauche, près de la caisse, se situe un rayon consacré à l’art en général, et lorsqu’un lecteur cherche à approfondir le sujet, il n’a qu’a monter à l’étage, sachant que l’escalier est tout près de ce rayon.
Le premier étage est consacré à l’art, à la mode, au design, à l’architecture, au textile et aux bijoux. Le mur de gauche contient deux étagères remplies d’ouvrages sur l’art moderne et contemporain, et ce rayon continue sur une étagère à mi-hauteur sur le mur du fond. Quelques présentoirs font échos à ce rayon et à côté de ceux-ci se situe deux étagères d’ouvrages d’architecture.
Sur le mur de droite, dans la continuité de l’étagère à mi-hauteur d’art moderne et contemporain sont placés les ouvrages de mode et de design. Une étagère à côté comporte les ouvrages sur le textile et les bijoux.
Enfin, la deuxième caisse est située en haut des escaliers, comme cela les clients passent devant la caisse avant de redescendre au rez-de-chaussée. Cela permet aussi, en tant que libraire, d’avoir une vue d’ensemble de l’étage, ainsi qu’une vue sur l’entrée et la sortie des clients de la librairie.
Cette organisation permet aux lecteurs de se repérer dans la librairie ainsi que de trouver plus aisément ce qu’il désire.
A l’instar de la librairie du Bon Marché, La Hune dispose d’une équipe de plusieurs libraires.
La spécialisation par étage de la librairie permet de mieux répartir les libraires plus compétents dans certaines catégories afin de mieux répondre aux attentes du lecteur.
Mis à part ces indications, je n’ai pas pu obtenir beaucoup plus d’informations car la libraire ne m’a pas accordé énormément de temps en raison de sa surcharge de travail.
Je n’ai également pas eu beaucoup de réponse pour cette question à cause des raisons évoquées ci-dessus. J’ai néanmoins pu recouper ses réponses et l’observation des rayons afin d’estimer l’importance du fonds concernant l’histoire.
En matière d’histoire, la librairie La Hune dispose de deux bibliothèques assez importantes. Le choix de spécialisation s’est porté sur la période du XXème siècle, qui est plus largement représentée au sein des rayons histoire. En effet, cette période semble plus attractive pour les lecteurs, elle rapporte donc plus sur le plan financier, ce qui permet à la librairie de continuer à proposer des ouvrages plus spécifiques comme la mode, le textile ou encore les bijoux.
La Hune a une assez forte politique d’animation. Effectivement, elle organise de nombreuses signatures, de rencontres d’auteurs, et participe à beaucoup de festivals.
Je n’ai pas eu de réponse claire concernant les objectifs de telles animations, ce que cela leur apportait, quels en étaient les enjeux, ce qu’ils attendaient de la retombée de celles-ci…
Entretien avec un auteur
Pierre Delye, Didier Jeunesse
Nous avons rencontré Pierre Delye sur le stand de la maison d’édition Didier Jeunesse. Conteur de formation, il est devenu auteur grâce à une rencontre à l’occasion d’un festival de contes. Pour lui, son métier d’auteur, c’est de raconter des histoires.
La collaboration avec l’éditeur est très ouverte. Il n’existe pas de cloison entre les différents agents sur la chaîne du livre. Pierre Delye travaille d’abord seul son histoire, pour ensuite l’exposer à l’éditeur qui va y porter un regard extérieur. Il va y avoir un premier renvoi pour rendre compte de l’avis de l’éditeur, s’il aime l’histoire ou non, ce qui est primordial pour cet auteur réellement passionné par ce qu’il fait. L’histoire sera donc remaniée ; de multiples versions vont être élaborées jusqu'à la satisfaction de tous.
L’illustrateur, qui est dans ce cas précis une illustratrice, intervient quand ce travail préparatoire est terminé. Selon Pierre Delye, le travail avec l’illustratrice est basé sur la confiance : ce sont les sentiments qui dirigent cette collaboration. D’ailleurs, il affirme que illustrations s’en ressentent des relations entre l’auteur et l’illustrateur, ou l’illustratrice.
En dehors du métier d’auteur, Pierre Delye est intermittent du spectacle, et de ce fait, il n’appartient pas à la maison des artistes.
Enfin, il nous a fait savoir que le but final de ces collaborations était de raconter les meilleures histoires possibles.
Pour conclure, cet auteur nous est apparu comme quelqu’un de vraiment impliqué dans ce qu’il fait, porté par des idéaux, à savoir la lecture de qualité pour tous dès le plus jeune âge et il s’y applique dès lors qu’il se plonge dans la création d’une nouvelle histoire. Ce n’est pas l’aspect lucratif qui le pousse à faire cela, mais sa passion pour les belles histoires.
Entretien avec un éditeur
Thierry Magnier
Thierry Magnier est l’éditeur de sa propre maison d’édition éponyme. Le métier d’éditeur n’est cependant pas le métier auquel sa formation le destinait : il a d’abord été professeur de français en lycée professionnel, puis horticulteur, libraire, pour ensuite entrer chez Gallimard du côté enseignant. C’est alors qu’il a fondé sa propre maison d’édition.
Thierry Magnier est une petite maison d’édition. C’est pourquoi, tous les employés sont polyvalents : les commerciaux, les éditeurs, les responsables romans…, ils sont tous capable d’endosser des responsabilités qui ne sont pas du ressort de leur métier attribué.
Par ailleurs, la notion d’édition diffère d’une maison à l’autre. Selon Thierry Magnier, l’édition, c’est apporter des nouveautés à ses lecteurs, et de ce fait déterminer ce qu’il veut leur apporter. Cela requiert de l’organisation et de la diplomatie, afin de parvenir à satisfaire les demandes en terme de politique éditoriale.
Le fond éditorial est constitué d’albums et de romans, pour les tout-petits ainsi que pour les adultes.
Au niveau de leur fonctionnement, ils lancent très peu de commande, sauf pour lancer une nouvelle collection, auquel cas ils font de la publicité et incitent les auteurs à écrire pour étoffer cette collection. Mais la majorité de leur fond est élaboré via les manuscrits qu’ils reçoivent.
D’autre part, le salon du livre de la jeunesse de Montreuil est d’une importance capitale pour eux. En effet, sur ce salon, ils sont très visibles et de ce fait mis en valeur, et cela leur permet de lancer leurs nouvelles collections et de se faire connaître non seulement par le public, mais aussi par les professionnels.
Cependant, cela reste un réel investissement en raison du coût de l’emplacement. Toute l’équipe est présente sur le stand afin d’être aux meilleures de leurs capacités, et s’ajoute à cela une collaboration avec plusieurs libraires.
En conclusion, nous leur avons demandé ce qu’ils pensaient de l’émergence des nouvelles techniques dans la chaîne du livre, notamment la diffusion de livres sur Internet, et la réponse a été claire: ce n’est en aucune manière une menace pour le livre papier. En revanche, le réel danger vient du désintérêt pour la lecture, en particulier chez les jeunes.
- réception;
- rangement;
- vitrine;
- animation;
- rencontre avec les représentants;
- etc.
A suivre!
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